L’équipage était composé de quatre à cinq personnes : le Capitaine occupait la place à l’arrière du bateau, en hauteur, ce qui lui permettait de pouvoir observer par-dessus le chargement et gouverner avec plus de facilité ; à l’avant, se trouvaient deux rameurs ; une personne était chargé d’écoper, et la cinquième, armé d’une longue perche, était chargée de dégager le bateau ainsi que de le dégager des rochers.
Dès leur départ de Spontour, les gabariers devaient faire face aux Malpas (des rapides) aux noms évocateurs : Le Saut du Diable, La Despolha, Le Trou du Loup, …
Ils devaient éviter les rochers, les graviers ainsi que les pêcheries (des digues).
Pour faire face à ce danger permanent, les gabariers n’hésitaient pas à demander la protection de Dieu.
L’activité fluviale représentait toute l’économie de la région. En effet, la construction des gabares nécessitait de nombreux ouvriers (bûcherons, scieurs, charpentiers, …) et le reste de la population (les fermiers, les pêcheurs, les mineurs, …) travaillait dans la production des produits locaux.
Une fois la marchandise livrée, les gabares étaient désossées puis vendues comme bois de chauffage pour le quart ou le cinquième de leur valeur.
Une fois les gabares vendues, les hommes devaient remonter à pied.
L’arrivée du Chemin de Fer et l’aménagement des routes, au début du 20ème siècle, contribuèrent à la perte de la navigation. |